La vieille quête de Resident Evil 1
C’était le moment parfait : un grand soleil s’était invité dans ma chambre par la fenêtre, laissée grande ouverte, et mon père travaillait sur sa voiture sur le parking juste au dehors. J’avais pris mes précautions, car affronter zombies et molosses aux yeux désorbités m’effrayaient vraiment, mais cette fois j’allais avoir le courage d’avancer, tout était réuni !
Ma (très courte) histoire avec Resident Evil se résume au premier opus. Ou plutôt, à Bio Hazard - Director’s Cut. Parce que oui, c’était une version piratée de la version japonaise. Certes je peux me vanter de l’avoir eu, mais j’aurais eu besoin d’aussi pouvoir me vanter de maîtriser le japonais du haut de mes dix ans. Car l’audio était en anglais, mais le texte en japonais. Et si à l’heure actuelle on trouve génial d’avoir des petits jeux qui ne prennent pas par la main les joueurs, et inventent mêmes leurs propre transcription pour recréer le temps béni du manuel en anglais auquel on ne comprend pas grand chose, et bien là c’est pas un super souvenir. Assez rapidement, il fallu résoudre l’énigme des tableaux : je n’avais même pas compris qu’on pouvait appuyer sur des boutons, alors commment aurais-je pu deviner l’ordre dans lesquels les activer !?
Mon rapport au jeu d’horreur n’a même pas été conflictuel, il a tout bonnement été proche du néant. J’ai bien été tenté de jouer à Project Zero, parce que l’idée de combattre des spectres avec un appareil photo plutôt que des zombies avec un fusil à pompe me disait plus, mais je n’ai jamais réussi à le finir. Je tremblais rien qu’en mettant le disque dans la console ! Ce qui ne m’a pas empêché d’acheter le deuxième volet. Ou Forbidden Siren que je n’ai carrément jamais commencé. Ou d’essayer Visage quelques années auparavant : j’ai très exactement 12 minutes de jeu dessus. Autant que je m’en souvienne, mon personnage à trébuché, peut-être dans un escalier, et une machoire inférieure arraché à son hôte a glissé sur le sol jusqu’à envahir mon écran. C’en était vraiment trop pour moi !
D’où le fait que je m’y essaye à nouveau. Comme auparavant, le soleil empli ma pièce, et si je n’ai pas la présence de mon père juste à quelques mètre pour me rassurer, j’ai au moins la caméra. Oh et j’ai plus 10 ans non plus, évidemment ! Puis j’ai cru comprendre que les jeux d’horreurs sont bénéfiques pour l’anxiété, alors aucune raison de pas s’y jeter à corps perdu.