Inmost
Inmost est un jeu d’aventure et d’horreur, généralement monochrome, qui nous embarque dans un conte sur la perte des êtres aimés, la peine et le remord. Mais à vouloir nous faire courir derrière des souvenirs regrettés, le jeu se perd lui-même dans sa trame narrative. Mais bien heureusement tout rentre dans l’ordre !
Comme les éclairs qui fendent l’arrière plan dès le lancement du jeu, Inmost frappe directement par son ambiance : les ruines d’un château lugubre toisant un chevalier plutôt inquiétant, une petite fille enfermée dans sa chambre une nuit d’orage, un homme seul dehors sous la pluie, aucun doute n’est laissé : on ne va pas rire une seul fois durant notre aventure ! Si le pixel art n’est pas particulièrement marquant, mais les effets de lumière, en HD eux, et surtout le choix de ne dépeindre chaque scène que par du monochrome. Généralement verdâtre ou bleuâtre, on est happé par l’humeur sombre et mélancolique du jeu.
Nous suivons donc trois personnages : une ptite fille, un chevalier et un homme. La relation entre les trois, bien que centrale à la narration du jeu, m’a longtemps échappé. Le jeu se construit sur une métaphore et se perd dedans, ou en tout nous perd dedans ! Autant pour la petite fille on comprend vite que la maison qu’elle habite, mais aussi ses habitants, est gorgée de mystères. Pour le chevalier on comprend déjà moins le pourquoi du comment, mais le gameplay reste assez claire : armé de notre épée on pourfend tout ce qui se dresse sur notre passage, et avec notre grappin on enjambe les gouffres et on se projète vers les hauteurs. La trame principale elle se tisse autour de l’homme : le gameplay y est le plus développé et un peu moins linéaire, les zones parcourrues plus vastes et variées, les rencontres bien plus nombreuses.
Le gameplay se distingue tout de même selon le personnage joué : avec la petite fille il s’agit de résoudre les sombre mystères qui enveloppent la maison où elle vit en l’explorant. Accompagnée de son lapin en peluche, qui lui parle, elle saura réunir le courage pour monter ici et se faufiler là.
Avec le chevalier on entre dans l’action pure, puisqu’il faut parer et occire avec son épée quiconque se dresse sur chemin, enjamber les obstacles avec son grapin, et surtout collecter “la douleur” pour le compte d’une entité . Les phases mettant en scène l’homme seul sont les plus longues et variées. Il ne se bat pas, mais il explore, rencontre de curieux personnages avec qui il peut dialoguer, et devra résoudre de petits puzzles.
Le jeu s’axe principalement sur l’homme, ses phases étant entrecoupés par des phases dédiés à la petite fille ou au chevalier. Ceci est assez plaisant, car sa casse le moindre risque de monotonie, d’autant que jouer le chevalier nous réveille pas mal !
Ceci dit, le jeu nous perd un peu dans sa construction en triptyque et avec ses métaphores. J’ai passé bien la moitié du temps à ne pas comprendre ce qui se passe vraiment, ce que sont ces personnages et ce qui les réunit ici. Bien heureusement l’atmosphère lugubre et mélancolique m’a totalement garder accroché au jeu. Mais j’aurais aimé que le jeu soit moins mystérieux et vague dans sa première moitié, pour au final tout nous expliquer un fois arrivé sur la fin.
Et en parlant d’atmosphère, il est surtout question des thèmes abordés. Sans spoilers, il faut savoir que le jeu traite de la souffrance, de perte d’espoir ou d’un proche, de violence, de maltraitance et enfin de mort, aussi bien subie qu’infligé aux autres. C’est clairement sombre et grave. On est à peu de chose près sur le même niveau de sombre que What Remains of Edith Finch, sans toutefois avoir sa flamboyance narrative. La capacité du jeu à captiver repose peut être un peu trop sur les thèmes abordés, et n’aurait peut-être pas sû garder mon attention avec une thématique plus légère.
Bref, Inmost est une oeuvre qui nous emmène avec elle dans les tréfonds du désespoir humain, et dépeint un tableau d’une grande tristesse avec bien heureusement une note d’espoir à la fin. Si son gameplay n’a rien de particulier, j’ai vraiment été touché par les thèmes abordés, son style et son ambiance sonore. Je pense qu’il peut vous convenir vous avez envie d’un jeu narratif plutôt simple, d’environ 4h de temps de jeu qui propose un style et une thématique assez original, foncez !
A noter: le jeu propose de faire une nouvelle partie ou de continuer la précédente. Lancer une nouvelle partie effacera toute progression sur le jeu, y compris le chapitrage ! Il n’y a en effet qu’une seule sauvegarde possible, et j’ai eu la bonne idée de lancer une nouvelle partie pour refaire le début… Bref !
- + Des thème porteurs
- + Accessible
- + L'ambiance mélancolique
- - Se perd en métaphore et sa narration
- - Sauvegarde unique