Laysara
Yak à Faucon
Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu tenter de maîtriser l’eau et le relief lorsque sur Sim City. Il semblerait que le duo de Quite OK Games ait pu avoir les mêmes ambition !
Poussé par une étrange brume devenue invivable à s’installer toujours plus haut, c’est accompagné de trois camarades que nous devons nous lancer à l’assaut de sommets. Chacune de ces personnes représente les trois “castes” de populations que compte cette civilisation inspiré du folklore himalayen : les habitants des plaines qui s’occupent des bâtiments fournissant la “nourriture”, les artisans qui gèrent ceux produisant des objets pour satisfaire les besoins de “prospérité”, et les moins qui remplissent des fonctions spirituelles et scientifique et comblent les besoins “d’illumination”. Chaque caste a une place à part entière et à besoin des autres pour vivre. Il nous faudra en effet satisfaire une série de besoin dans chacun des trois domaines pour pouvoir améliorer leur habitat et augmenter la densité. Si vous connaissez Anno, c’est le même principe, la guerre en moins : il faut équilibrer l’offre et la demande, constuire un réseaux logistique efficace, tout en optimisant l’espace utilisé. Autant dire que l’espace c’est ce dont on manque le plus, tout là haut.
Car les montagnes sont composés de plateaux plus ou moins petits que l’on a vite fait de remplir ! Et si on peut très rapidement créer tout un réseau de ponts et rampes pour braver goufres et falaises, ni la production ni le réseau logistique ne sont gratuits en terme d’espace et de mains d’oeuvre, et on comprend rapidement l’intérêt de satisfaire les besoins des habitants pour améliorer la densité. Chaque bien ou service va combler une ou deux unités de besoin, et chaque habitation aura besoin de remplir des besoins plus ou moins grands dans chaques types, avec tout de même un peu de souplesse apportée par des besoins joker que l’on peut combler par n’importe quoi.
Ajoutons à celà un petit plus de piment, car au sommet des montagnes, il y’a de la neige, et là où il y’a de la neige il y’a des avalanches. Heureusement non destructrices restreintes et à certaines zones clairement indiquées, les avalanches vont recouvrir de neige tout les bâtiments sur leur chemin, ce qui les désactive. Et quand tout tient dans un équilibre précaire, une simple avalanche peut être une véritable catastrophe et réduire tout vos efforts à néant ! Il vous est alors proposé une poignée de bâtiments et barrières dédiés à réduire, voire annihiler, la puissance des avalanches, ainsi qu’un bâtiment de déneigement pour déblayer vos structures les unes après les autres.
Le gameplay est plaisant pour qui aime à s’approprier un espace de la façon la plus efficace possible. Bâtir n’est pas difficile en soi, surtout si on commence par la campagne qui présente les bâtiments au fur et à mesure de la progression. Il n’y a pas non plus de délais de transport ou de fabrication, tout se mets à jour instantanément ce qui simplifie beaucoup de choses. Et avalanches mises à part, aucun événement aléatoire n’a besoin d’être géré. Mais voilà, on a vite fait de sombrer dans une spirale négative dés que l’on s’aventure dans les difficultés les plus élevées, et même si le jeu nous sauve éventuellement de la banqueroute une fois ou deux, l’échec nous guette à chaque flocon qui tombe !
Une montagne paisible, trop paisible
C’est peut-être d’ailleurs là un de ses points faibles : on se prend à construire de façon un peu mécaniques, en quadrillage et en agglomérant de façon efficace les chaînes de production. Le jeu est joli et on respire le grand air, mais il n’y a quasiment aucune place pour la créativité malgré un mode bac à sable. Qui est d’ailleurs plutôt un mode libre. Quand bien même une petite poignées des structures sont des décorations, satisfaisant les besoins de prospérité et d’illumination de nos citoyens, il n’en existe pas même des variations. J’aurais aimé pouvoir décorer en plus de subvenir aux besoins de mes petits habitants.
Le jeu pourrait aussi faire un peu mieux en terme de qualité de vie : devoir déplacer un groupe de bâtiment, gérer les chaînes logistiques est fastidieux et on a aucune info sur le stockage. Peut-être qu’un écran récapitulatif ou encore la possibilité de de mettre en avant les stocks non utilisés aideraient grandement.
Enfin, on manque cruellement de surprise. Mis à part les avalanches qui se déclenchent ponctuellement et deviennent de plus en plus puissante, il n’y a rien de nouveau à découvrir. En mode bac à sable il y’a bien un brouillard de guerre sur la plupart des montagnes environnantes, mais mis à part la forme des montagnes, les ressources disponibles et les produits qui peuvent être échangés, rien ne viendra troubler les yaks dans leurs pâturages !
Des plateaux plutôt que des sommets
Il faudra beaucoup de temps pour venir à bout du jeu : il y’a les scénarios qui nous emmène sur une montagne avec ses objectifs propres, la campagne qui fait d’ailleurs office de didacticiel, ainsi qu’un bac à sable où il faudra terminer 4 montagnes entièrement et en coloniser d’autant plus pour en venir à bout. Il en reste pas moins une expérience très plaisante sur pas mal de plan, bien que comme souvent sur ce genre de jeu, notre intérêt tend à s’éffacer au fur et à mesure que l’on progresse vers la fin.
Laysara se positionne comme un joli compromis entre le système de gestion grandiose d’un Anno, et l’efficacité simple d’un petit jeu comme Islanders sur lequel passer le temps. Il saura sans doute ravir ceux qui aiment les jeux de gestion/city-builders et ont envie de découvrir une expérience originale sans être révolutionnaire !
- + Très joli
- + Gestion simple et efficace
- + Le jeu guide notre progression
- - Caméra peu pratique
- - Manque de surprise
- - Pas de place pour la créativité