OFF (remake)
On est pas obligé d’avoir joué à tout, mais souvent on a quand même une vague idée d’un jeu quand il a été apprécié, ou au moins on connait son nom. Ben ce n’était pas du tout mon cas pour ce jeu !
Tout petit jeu conçu sur RPG Maker 2003, OFF est le bébé du Belge Mortis Ghost sorti en 2008. La version du jeu dont il est question ici est sa réédition du 15 août 2025 sur moteur Unity, développé en collaboration par son créateur originel et Fangamer, qui publie aussi le jeu. Je ne connais pas l’original, mais mis à part quelques éléments tels que la musique - que nous aborderons plus tard -, une refonte des combats et l’ajout de nouveau boss, l’essentiel du jeu reste fidèle à l’original.
OFF, c’est l’histoire d’un batteur de baseball un peu inquiétant et étrange, obsédé par sa sacro-sainte mission de purification d’un monde encore plus abracadabrant. On ne sait absolument rien de lui, ni de cette univers découpés en zones, reliées entre elles par ce qui est appelé le Néant. Ni non plus de ce chat qui va sporadiquement échanger avec lui, le Juge, qui rappellera à juste titre le personnage de Sans dans Undertale, puisqu’il en est l’inspiration. Et puis voilà, on défouraille à coup de batte tout ce qui semble hostile au Batteur et effraye les Elsens, habitants apathiques de ce monde : des spectres, mais aussi les Gardiens de chacune des zones qui font office de boss.
Je vais commencer par dire que le cœur du gameplay se trouve dans les énigmes et puzzles. Ils sont correctement exécutés, sans pièges ou déclencheurs cachés qui ont le don de me rendre barge dans d’autres jeu. Ils représentent de véritables challenges, demandant souvent de prendre des notes sur un bout de papier, sans pour autant casser le rythme de jeu. Même si j’avoue, il y’en a un que j’ai fini par résoudre sans complètement comprendre comment, mais je trouve que les puzzles énigmes remplissent très largement le contrat. Sans être exceptionnel, le taf est bien fait !
Ce qui n’est pas vraiment le cas du système de combat, simple et basique, et assurément pas le point fort du jeu. Le batteur pourra disposer au fil de son aventure d’un éventail de compétences qui constituent la base pour un RPG : l’analyse de l’ennemi, des soins, des altérations d’état et surtout des attaques qui consommeront plus ou moins de points de compétences. Il n’y a là rien de bien particulier si ce n’est les noms des compétences qui reprennent le champ sémantique du baseball. Il existe aussi des attaques élémentaires, mais celles-ci sont généralement inutiles puisqu’on a rarement l’occasion de les mettre à profit sur des faiblesses ennemis. C’est un peu comme si le créateur s’était dit qu’il fallait des éléments comme dans la plupart des jeux, sans se donner la peine de vraiment leur donner une véritable dimensions, ou carrément de fonction. Le Batteur est également épaulé par les Add-Ons, des anneaux inanimés mais actifs à qui l’on peut donner des équipements et qui disposent de compétences et de qualités propres. Mais non, vraiment, les combats manquent de reliefs et de complexité. Ils ne sont pas mauvais, agaçants, ou trop longs, juste fade.
Heureusement les design des ennemis rattrapent ce défaut : j’ai rarement combattu un bestiaire aussi farfelu et dérangeant, et il en émerge vraiment une énergie ensorcelante ! Puis bien que les personnages soient tous fait de dessins en noir et blanc, le monde lui regorge de couleurs très franches, à la limite du mauvais goûts sans jamais y sombrer. Ajoutez à cela les les Elsens qui sont occupés à abattre les vaches pour en extraire le métal ou à miner la fumée sous terre, ainsi qu’un monde construit de façon à vous égarer, et on obtient un univers aussi unique que déroutant qui ne devrait pas laisser grand monde indifférent.
Mais si les puzzles finissent par se résoudre, jamais l’histoire de OFF ne deviendra limpide, bien au contraire. Habilement et sans grands effets grossiers, on se retrouve de plus en plus plongé dans les ténèbres, laissant à chacun le soin d’interpréter ou non le jeu comme il le souhaite. Personnellement, je suis de ceux qui détestent débattre sur le pourquoi du comment d’une œuvre, et assigner à ceux qui les produisent des intentions qu’ils n’ont certainement jamais eu, préférant tout au plus l’interpréter selon mon propre ressenti. Je peux donc souvent être agacé quand on force sur les non-dits pour se donner un genre et faire parler. Mais je n’ai jamais eu ce sentiment sur OFF. Mis à part peut-être quand il brise le 4ème mur, procédé qui reste tout de même amusant bien qu’un peu facile, et que l’on retrouve d’ailleurs dans des jeux qu’il a inspiré.
Enfin, un mot sur la musique. Pour des raisons de droits, les musiques de l’édition originales n’ont pu être réutilisées. Visiblement Alias Conrad Coldwood, compositeur des musique originelles et personnage aussi mystérieux que le jeu, n’a pas pu être contacté. Si cette nouvelle a profondément déçu les fans de la première heure, ça aura toutefois été l’occasion de revisiter l’OST, et d’accueillir les contributions de Toby Fox et Nightmargin, respectivement créateurs des jeux Undertale et One Shot, qui sont un peu les enfants spirituels de OFF. C’est finalement comme une boucle qui se referme. M’enfin bref, je suis pas particulièrement dingue des musiques de jeux vidéos, mais celles-ci on quelque chose de très intéressant, et surtout parfaitement à propos. Mais par dessus tout, jetez un œil, ou plutôt une oreille, à l’OST originale qui est vraiment particulière !
OFF n’est pas un jeu parfait, les combats sont mid et il se termine en moins de 6h en moyenne, mais il mérite une place très à part. Car à coup de battes, il a ouvert une nouvelle voie pour les RPG indés et inspiré des œuvres qui auront touché un public bien plus large par la suite. J’ai pas envie de vous dire qu’il faut le faire « pour la culture », mais si vous êtes un tant soit peu curieux de jouer à ce qui est pour certain le RPG indé le plus mythique qui soit, foncez. Si vous avez même juste envie de découvrir un monde dérangeant et une histoire ultra originale, qui ne vous laisseront sans doute pas indifférent, foncez également !
- + Un monde déjanté et envoûtant
- + Une écriture touchante
- + La musique toujours éclatante
- + Puzzle intéressants
- + Classique du jeu "RPGMaker"
- - Combats simples, voire fades